jeudi 31 janvier 2008

Les nouvelles entrées de la base documentaire sur le tutorat


La base documentaire
répertoriant de nombreux articles scientifiques consacrés au tutorat à distance est un des trois espaces du portail de t@d. Les dernières entrées pour lesquelles vous avez accès aux résumés sont les suivantes :

  • Analyse des pratiques du tutorat au sein des formations ouvertes et à distance (FOAD) bénéficiant du soutien de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) de Sandrine Decamps
  • Construction des interactions langagières dans un tutorat à distance de Thierry Gaillat
  • Tutorat en ligne et création d’un espace formatif de Jean-François Bourdet
  • Analyse de pratiques de tutorat humain dans un environnement de travail collaboratif à distance de Nassira Hedjerassi
  • Le tutorat entre pairs : un accompagnement au bénéfice des élèves tuteurs intellectuellement précoces de Sophie-Christine Audibert
  • Tutorat inter-promotions d’étudiants : pour une création du lien social dans l’apprentissage de Aude Bertschy, Denis Gaste
  • Analyse du soutien fourni aux apprenants par les tuteurs à l’aide d’outils synchrones et asynchrones de Bruno De Lièvre, Christian Depover, Mélanie Acierno

mercredi 30 janvier 2008

Ils ont parlé du lancement du portail www.tutoratadistance.fr



Le lancement du portail
de t@d a été relayé dans

la petite sphère
du e-learning.





Thot
http://thot.cursus.edu/archive.asp?s=1&rubrique=21

FFFOD

http://fffod.over-blog.com/article-7355411.html


e-learning-infos.com
http://www.e-learning-infos.com/article/m/317/nouveau-venu--le-portail-du-tutorat-a-distance.html

Chlorofil
http://www.chlorofil.fr/innovation/reseaux-et-partenaires

Planete-elearning
http://www.planete-elearning.com/?p=4286

La liste Foademplois
http://www.foademplois.org/


Et nous avons aussi reçus de nombreux témoignages de sympathie.
En voici quelques uns :


Claire : "Bravo pour ce gros travail de veille ! Je suis certaine que ce portail va être utile à de nombreux professionnels de la formation."

Margarida :
" bravo ! Une très belle initiative."
Nicolas :
"Grand merci pour l'info, je ne manquerai pas de relayer"
Philippe :
"La visite de votre blog suscite toujours autant le plaisir que la réflexion."

mardi 29 janvier 2008

La Téluq annonce la reprise des admissions et des inscriptions à ses cours de premier cycle. La grève des tuteurs se poursuit.

Nous reproduisons le communiqué que la direction de la Téluq a fait parvenir à ses étudiants. Il semble qu'elle ait changé de stratégie puisque après avoir stoppé les inscriptions des étudiants de premier cycle, elle annonce leur reprise.

Que faut-il en déduire en ce qui concerne l'issue du conflit avec les tuteurs ? Espérons simplement que les mesures de service partiel ne s'installent pas dans la durée. Cela serait au préjudice des apprenants et bien évidemment des tuteurs qui ferait ainsi l'objet d'un véritable lock-out. Nous en saurons plus, début février, après la prochaine séance de négociation prévue le 31 janvier. Il appartient, à la direction de faire les gestes nécessaires pour sortir de la situation de blocage qu'elle a créée.


Communiqué de la direction de la Téluq

La Télé-université annonce la reprise des admissions et des inscriptions à ses cours de premier cycle. Les étudiants et étudiantes recevront leur matériel d’apprentissage à compter de la semaine prochaine, sans toutefois bénéficier des services habituels d’encadrement fournis par les tuteurs et tutrices en grève.

Des informations précises sur les cours qui seront accessibles, les services qui seront disponibles, ainsi que les modalités administratives particulières qui s’appliqueront pour la durée de la grève seront diffusées d’ici la fin de la semaine par courriel et sur le site Internet de la Télé-université. Les envois de documentation pédagogique aux personnes inscrites contiendront également des précisions sur les conditions associées à cette reprise des activités.

L’inscription aux cours avait été suspendue temporairement quelques jours avant Noël, en raison de l’annonce par le syndicat des tuteurs et tutrices du déclenchement d’une grève, laquelle a débuté le 16 janvier.

La reprise des inscriptions repose sur un examen des options permettant d’offrir un service partiel dans un contexte de grève, ainsi que sur la prise en compte de l’expression des étudiants quant à la poursuite de leur cheminement durant ce conflit.

La levée de la suspension temporaire des inscriptions offre aux étudiants la possibilité d’entreprendre de façon autonome les apprentissages prévus au trimestre d’hiver, en dépit de la grève.

La Télé-université tient à remercier tous ses employés qui sont à pied d’œuvre pour bien desservir nos étudiants et étudiantes dans le contexte actuel.

Par ailleurs, concernant le déroulement des négociations, la prochaine rencontre entre les deux parties est prévue pour le jeudi 31 janvier. La Télé-université conserve l’espoir que les parties arriveront à trouver un règlement à court terme.

lundi 28 janvier 2008

Témoignage d'une tutrice : enseigner n'est pas tutorer

Dans cette vidéo, une jeune tutrice témoigne de la manière dont elle a réussi à faire la différence entre enseigner et tutorer. Elle évoque les réactions de ses tutorés suite à son changement de stratégie de support à l'apprentissage ainsi que les conséquences sur leurs résultats.

dimanche 27 janvier 2008

La chronique de Philippe Gaberan. Nouvelles technologies, pédagogies anciennes.

Je ne vois pas grand-chose,
c'est pourquoi je suis un expert !

Que le rapport Attali contienne quelques incongruités ou pire encore qu’il fasse la preuve de la méconnaissance de ses membres de quelques sujets prétendument abordés illustre malheureusement une banalité des temps présents : la médiocratie des experts désignés par le Pouvoir.

Dans Les carrefours du labyrinthe VI, le philosophe Cornélius Castoriadis avertissait déjà d’une terrible montée de l’insignifiance et d’une forme de crétinisation des politiciens, plus préoccupés de leurs intérêts privés que de défendre la « chose publique » (la res publica). Ce n’est pas la première fois que Jacques Attali récupère sans les comprendre des concepts appartenant à d’autres que lui ; il avait déjà fait le coup avec celui de « nomade » emprunté à Gilles Deleuze et qu’il galvaudait par une application non réfléchie à toutes les nouvelles technologies. « Du travail de cochon » disait Gilles Deleuze, très critique, à l’égard des « nouveaux philosophes » (cf. François Dosse, Deleuze-Guattari, biographie croisée). Du travail de cochon car la complexité s’accorde mal avec la facilité et l’immédiateté. Il y a bien un lien entre technologie et pédagogie mais c’est un lien très ancien.

Dans la longue histoire de l’humanité, le surgissement de l’Internet n’est que le visage actuel du progrès, tout comme l’imprimerie hier et l’écriture avant hier ; le progrès venant alors faire événement à un moment particulier de l’histoire et bousculer l’homme dans ses certitudes et ses repères. A ce propos, il faut absolument aller écouter la conférence de Michel Serres, mise en ligne, sur le rapport entre savoirs et technologies. Il y affirme clairement comment les nouvelles technologies ne font que se réapproprier, à leur façon, des principes pédagogiques très anciens ; en revanche, il y affirme aussi comment ce nouvel outil qu’est l’Internet transforme une fois encore de façon radicale le rapport à l’espace et au droit.

Si Nicolas Sarkozy avait voulu demander à Jacques Attali de faire preuve d’intelligence c’est de ce côté-là qu’il aurait fallu que ce dernier aille creuser ; du côté de l’impact sur nos sociétés de l’émergence du réseau et des communautés d’apprentissage. Le chercheur comme l’élève n’a plus à travailler seul pour faire avancer le savoir et la propriété intellectuelle n’est plus l’affaire d’un seul, élève ou chercheur, mais désormais le fruit d’un labeur collectif. Mais au lieu d’aller vers ces innovations là, Attali préconise de « construire des pôles d’excellence » et d’ériger de « nouvelles cathédrales du savoir » ou de nouvelles pyramides élevées à la gloire des Saigneurs de la terre et des Maîtres du monde. Ce rapport en dit long sur le conservatisme qui s’empare à nouveau de nos gouvernants… Il ne propose rien pour l’avenir du plus grand nombre.


Image dans son contexte original, sur la page www.ouaknine.fr/lilli.htm

samedi 26 janvier 2008

Tutorat : terra incognita. Par Patrick Guillemet

Le texte qui suit vise à éclairer certains enjeux de la grève des personnes tutrices à la Télé-université. Rédigé à l'intention du journal interne, ce texte a été censuré par la direction générale, une première dans l'histoire de ce journal.

Quelques Téluq-Express pour rassurer le personnel, la chronique « La Téluq dans les médias » devenue muette : l'information sur la grève des tuteurs en cours à la Télé-université est parcimonieuse. Gêne vis-à-vis d’une chicane de famille ? Moment difficile à passer avant de relever la tête ? Ou plutôt indice d’une difficulté plus profonde ? Quand Radio-Canada annonce le 15 janvier dernier que la Télé-université est au bord de la grève, le communiqué indique que « la direction dit ne pas comprendre la comparaison que les tuteurs font de leur travail avec celui des chargés de cours ». On part de loin et les positions des parties semblent éloignées, quelque 19 mois après le dépôt des demandes syndicales. Pendant ce temps, l’Université de Sherbrooke annonce une entente avec ses chargés de cours avant même l’expiration de la négociation collective, et après seulement cinq rencontres de négociations. Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà ?

Revenons un peu en arrière. En 2005, la revue Distances & Savoirs consacrait un numéro spécial au tutorat à distance et à ses logiques industrielles. J’avais convaincu la présidente du syndicat des tutrices et tuteurs d’y contribuer et nous avions mené une enquête auprès des personnes tutrices sur la technologisation de leurs interventions auprès des étudiants, à laquelle avaient participé 60 % d’entre eux1. De laquelle ressortait un portrait contrasté : plutôt satisfaits de l’utilisation des nouvelles technologies qui leur permettaient de mieux répondre aux demandes, les tuteurs faisaient également part de leur déception, indiquant que leurs attentes envers une mise à jour des cours plus rapide et un meilleur accès aux professeurs ne s’étaient pas réalisées, les laissant seuls dans leur fonction de médiation entre les besoins changeants des étudiants résultant de la diversité de leurs styles d'apprentissage et de leurs contextes professionnels, et les rigidités administratives ou pédagogiques de la Télé-université.

Cette médiation névralgique méconnue est sans doute au cœur du conflit actuel. D’un côté, la croyance en des cours si bien préparés qu’ils se suffisent à eux-mêmes, de l’autre une séparation entre le professeur et l'étudiant érigée en dogme. Pourtant, s’il est vrai qu’un bon nombre d'étudiants est largement autonome quand le matériel de cours est bien fait, ils ne souhaitent pas pour autant être laissés à eux-mêmes, surtout quand ils rencontrent des problèmes d’ordre technique. Et s’il est vrai que relativement peu d'étudiants recourent aux personnes tutrices quand les difficultés d'apprentissage sont bien dosées, leurs besoins d’assistance sont par contre grands quand le degré de difficulté augmente, les personnes tutrices étant alors appelées, selon le cas, à compléter ou à clarifier la matière enseignée; ceci est particulièrement vrai des étudiants dont le niveau de formation initial est plus faible. Or, il s’agit bien de favoriser la récurrence des étudiants, qui chute de façon importante après trois trimestres.

Plusieurs facteurs prennent ici une importance particulière. Il y a quelques années, l’Université Laval a mis sur pied une plate-forme de formation à l’intention de ses tuteurs en mettant l’accent sur le développement de la capacité d’interaction pédagogique. Pour sa part, la Télé-université semble, malgré les demandes en ce sens des personnes tutrices, préférer leur offrir un perfectionnement lié au contenu des cours. De même, les chargés d'encadrement de la Télé-université qui interviennent dans les cours de deuxième cycle, se voient reconnaître une durée d’interaction près de trois fois plus grande que celle reconnue aux personnes tutrices, alors que le degré d’autonomie de ces étudiants est plus grand. Enfin, alors que le portail offert aux tuteurs pour leurs transactions administratives s’avère un instrument efficace, l’absence du portail censé regrouper l’ensemble des informations et des fichiers relatifs à chaque cours se fait cruellement sentir quand les hyperliens doivent être remis à jour et que les versions des cédéroms se succèdent. Et que dire de tous ces problèmes répétitifs que certaines personnes tutrices finissent par ne plus signaler, faute d’un suivi efficace à leurs interventions ? Il est vrai cependant que le nombre de plaintes dûment signalées diminue en comparaison des années passées. Sans oublier les cas de plagiat et les comportements erratiques de certains étudiants qui envoient leurs travaux aussitôt terminés, sans toujours identifier le cours auquel ils se rapportent.

Toutes ces préoccupations, amplifiées par le fait qu’avec les années les personnes tutrices ont eu la charge d’un plus grand nombre de cours, le nombre moyen d'étudiants par cours de la Télé-université étant à la baisse, se cristallisent dans la négociation actuelle et dans la reconnaissance du rôle des personnes tutrices. Quelle reconnaissance ? Les personnes tutrices se comparent aux chargés de cours dont les qualifications sont similaires et qui ont eux aussi la charge d’évaluer les travaux des étudiants. Certes les personnes tutrices ne conçoivent pas, comme eux, le contenu des cours. En revanche, leur intervention auprès des étudiants est plus intense, car ces derniers ne bénéficient pas, à l’instar des étudiants en présence, de l’assistance de leurs pairs; certes ils ont accès au forum « Stratégies d’étude », mais la participation y est faible et l’assistance mutuelle y apparaît bien anémique. Dans ce débat, la formation à distance affiche sa particularité, décidément bien distincte des pratiques d'enseignement en présence. Et avec leur ouverture sur le réseau des tuteurs francophones ainsi que leurs contacts avec les chargés de cours de l’UQAM, les personnes tutrices s’avèrent des interlocuteurs essentiels.

Pendant ce temps, certains des étudiants de la Télé-université manifestent publiquement leur déception tandis que d’autres migrent vers les cours à distance de l’UQAT ou de l’Université Laval. Il semble cependant que le phénomène soit limité. Souhaitons que la durée de ce conflit le soit également et que le dialogue se poursuive sur la base d’une estime réciproque. En l’occurrence, la Télé-université ne peut se payer un cafouillage, d’autant que l’UQAM, son institution d’attache, est elle-même aux prises avec de très sérieuses difficultés. Puisse donc la raison prévaloir et la Télé-université retrouver le chemin de son efficacité collective.


Patrick Guillemet, Ph.D
Spécialiste en sciences de l’éducation, Télé-université.
Auteur de l’ouvrage « Former à distance – La Télé-université et l’accès à l'enseignement supérieur (1972-2006) »

1 Guillemet P., Pelletier S. (2005) « Le tutorat à la Télé-université – Les voies de l'industrialisation », Distances & Savoirs, Vol. 3, nº 2, p. 207-230.

vendredi 25 janvier 2008

La FNEEQ appuie les tuteurs en grève de la Téluq


Reprise de l'article de Olivier Artis paru sur Canoë Infos


"Ces sont des enseignants universitaires à part entière"

Les syndicats du Regroupement université de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ) appuient, depuis ce midi, les tuteurs de la Télé-Université (Téluq) en grève depuis le 15 janvier dernier. Ces derniers estiment qu’ils devraient être considérés comme enseignants, mais leur direction ne l’entendrait pas ainsi.

Les tuteurs à distance ne bénéficient pas du même sort que ceux qui enseignent entre quatre murs. La direction de la Téluq ne reconnaîtrait pas vraiment leur expérience professionnelle comme de l’enseignement. Son personnel de formation, les tuteurs, ne peut pas non plus se tenir derrière le micro d’une université. Sont-ils alors de « vrais enseignants »? La FNEEQ répond oui sans le moindre doute.

« Nous disons haut et fort que le caractère que prennent les formations que donnent les tuteurs ne permet pas à leur direction de nier leur statut de pédagogues. Ce sont des enseignants universitaires à part entière. Cela doit être reconnu dans tous les aspects de la vie universitaire et se traduire dans leur rémunération », a exprimé Marie Blais, vice-présidente de la Fédération, par voie de communiqué.

En somme, elle avance que les tuteurs font l’objet d’exclusion de la part de leur hiérarchie. Celle-ci n’apprécie pas le travail de ces employés à sa juste valeur, laisse entendre Mme Blais. Pour soutenir les grévistes, des fonds provenant de la FNEEQ leur seront versés grâce à une campagne de financement interne. La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec dénombre environ 25 000 membres dans les cégeps, les universités et les établissements privés partout au Québec.

Le rapport Attali parle du tutorat

Le rapport Attali traite, entre autres, de l'éducation et de la formation et nous avons repéré les mentions suivantes abordant le tutorat.

Les tutorats et l’apprentissage en ligne devront être favorisés, pour aider les 300 000 élèves qui sortent du CM2 sans maîtriser les fondamentaux.

Peut-on réellement imaginer que les élèves ayant une dizaine d'années et rencontrant des problèmes de lecture et d'écriture pourront grâce à la fée «Apprentissage en ligne» surmonter toutes leurs difficultés ?
Ces difficultés , pour cognitives qu'elles soient, ne sont-elles pas aussi d'ordre socio-affectif ? Quel est la plus-value du recours au e-learning pour ces élèves par rapport à l'amènagement de petits groupes d'élèves en présentiel ? N'y a-t-il pas besoin de maîtriser au préalable la lecture et l'écriture pour utiliser un ordinateur et suivre une formation en ligne ? Le "s" mis au "tutorat" laisse espérer qu'un réel effort de distinction des différentes formes de tutorat et de leur fonctionnement synergique soit effectué.

Pour permettre à tous les jeunes d’accèder aux meilleures études, le rapport propose de généraliser les études du soir, d’étendre les internats de réussite éducative, de développer le tutorat des élèves de ZEP.

Le concept "des meilleures études" ne dénote-t-il pas une certaine vision du monde éducatif par les auteurs du rapport, où certains cursus seraient bons et d'autres mauvais. Qu'est-ce qui fait selon eux la valeur d'une formation ?

L'emploi du temps risque d'être chargé pour nos enfants : cours en journée, études du soir... c'est vrai que pour
l'apprentissage en ligne, il reste encore les repas (cf. l'article de Michel Diaz sur le elearning snacking) sans oublier la nuit...

Image dans son contexte original, sur la page www.ecoles.cfwb.be/.../memento/informatique.htm

jeudi 24 janvier 2008

Produire une charte tutorale. Par Jacques Rodet

La mise en place d'un système tutoral au sein d'un dispositif de formation à distance nécessite pour les concepteurs de s'y intéresser dès les premières étapes du projet dont ils ont la charge. Les analyses réalisées doivent permettre de spécifier le périmètre des actions tutorales, de définir le profil des tuteurs, de préciser le type et la fréquence des interventions tutorales, etc.

De ces analyses peuvent être tirés plusieurs documents à destination de différents publics. D'une part, l'institution de formation peut se baser sur certaines spécifications relatives au profil des tuteurs pour rédiger des offres d'emploi, mettre au point divers documents de type contractuels dont la charte tutorale qui regroupe les droits et devoirs des tuteurs. D'autre part, le guide tutoral à destination des apprenants, qui permet à ceux-ci de prendre connaissance des services tutoraux mis à leur disposition, peut également être produit à partir des analyses réalisées par les concepteurs.

A titre d'exemple, nous renvoyons à la « Charte du tutorat à distance » publiée par Planete FLE

Si les chartes revêtent souvent la forme de référentiels prescriptifs, il y aurait certainement avantage à ce qu'elles soient négociées et amendées par les apprenants et les tuteurs. De même, elles devraient spécifier les modalités d'évaluation des objectifs assignés aux tuteurs. Enfin, plutôt que d'être un catalogue à la Prévert, il serait nécessaire que les différents éléments qui la composent soient hiérarchisés en fonction des objectifs de la politique tutorale de l'établissement dispensateur de la formation.

Ainsi, le processus de production d'une charte tutorale pourrait être le suivant : analyses, constats et propositions de la part des concepteurs, première rédaction tenant compte des priorités de l'institution de formation, deuxième rédaction tenant compte des avis et des retours d'expérience de la part des apprenants et des tuteurs.

Image dans son contexte original, sur la page www.lerepairedesmotards.com/forum/charte.php

mercredi 23 janvier 2008

Participer à la veille collaborative sur le tutorat à distance

Comment participer au dispositif de veille ?

Vous êtes lecteur des sites de t@d, vous pouvez participer : adressez nous un petit mail à cette adresse tad2007@free.fr

Nous sommes en phase en démarrage de l’activité et nous allons commencer avec un groupe restreint de personnes.

Lorsque vous avez créé votre compte sur delicious, nous vous rajoutons au “network” -réunion de lecteurs participants “blogdetad” et nous vous demandons de rajouter aux favoris delicious que vous proposez le mot-clef “blogdetad” comme indicateur que cet article est suceptible d’intéresser la communauté de pratiques t@d. Car vous pouvez très bien indexer des publications pour d’autres projets : fiches cuisines, etc..!!

Comment consulter les résultats de la veille participative ?
  1. Sur le site tutoratadistance.fr
    Les descriptions des articles seront diffusées sur le portail de
    t@d et certaines seront développées sous la forme d’une critique ou d’une analyse,

  2. Widget de t@d
    Un Widget est à la disposition des lecteurs du site, c’est à dire une petite fenêtre à installer partout qui contient l’actualité quotidienne du travail de veille des lecteurs-participants.

  3. Le flux RSS du travail participatif est disponible sous licence creative commons, ce qui suppose de mentionner la source des informations qui sont réunies.



    Cette veille participative fait l’objet d’une expérimentation avec l’observation de son fonctionnement et sera modifié par une démarche itérative de type essais et erreurs, à partir de feed-backs qui nous seront retournés.


Le tutorat versus cours privés et soutien scolaire vu par les Canadiens




Un document tout à fait intéressant a été produit en 2007 par le Conseil Canadien sur l'Apprentissage "Enquête de 2007 sur les attitudes des Canadiens à l'égard de l'apprentissage : résultats sur l'apprentissage aux niveaux primaire et secondaire". Un chapitre nous intéresse plus particulièrement puis qu'il fait état de ce que pensent les Canadiens du tutorat.

Dans ce document, le tutorat est ainsi présenté : "Le tutorat peut être défini comme un enseignement personnalisé sur des matières particulières dispensé en dehors des heures d’école. Le tutorat ne s’adresse plus uniquement aux élèves ayant de mauvaises notes. Il est de plus en plus destiné à des élèves obtenant des notes moyennes à excellentes qui veulent améliorer leur rendement scolaire et leur apprentissage."

Après avoir traiter des questions suivantes : Le rôle du tutorat dans l’apprentissage structuré, qui embauche des tuteurs?, les auteurs s'intéressent à identifier les motivations des parents qui engagent des tuteurs : "Les données fournies par l’EACA permettent d’explorer certaines des raisons motivant les parents à engager un tuteur. Il est possible que les parents fassent appel à un tuteur parce qu’ils sont insatisfaits de la qualité de l’enseignement prodigué par l’école que fréquentent leurs enfants. Certaines données fournies par l’EACA viennent d’ailleurs étayer cette constatation. Les parents qui ont engagé des tuteurs sont plus susceptibles que les autres d’affirmer que les écoles ne répondent pas à leurs attentes sur plusieurs points, notamment en n’enseignant pas les compétences de base et en ne donnant pas aux élèves le goût d’apprendre."

La dernière partie est consacrée à l'efficacité du tutorat tant pour les élèves "Qu’il fournisse un enseignement complémentaire ou correctif à l’intention des élèves éprouvant des difficultés, ou qu’il procure un programme d’enrichissement ou un avantage concurrentiel aux élèves performants, le tutorat est généralement perçu comme un précieux investissement." que pour les tuteurs : "...en préparant ses cours, le tuteur contribue à améliorer son propre apprentissage. La préparation lui permet en effet de déceler ses lacunes et d’approfondir sa compréhension de la matière".

mardi 22 janvier 2008

Le tutorat dans la formation NetTrainers

La formation NetTrainers délivrant un Diplôme d'Université de Formateur en Réseau et le label European Net Trainers Certificate (ENTC) a toujours accordé une place importante au tutorat.

Ainsi, dans le cursus, le tutorat est abordé dans le module 3 : Animer une formation en réseau. "Ce module explore les différentes dimensions de l'accompagnement des apprenants à distance : de l'individualisation des parcours à l'organisation des travaux de groupe, en passant par le soutien de la motivation, la gestion des difficultés d'apprentissage ou des conflits, l'évaluation, les outils de suivi des parcours, etc."

Par ailleurs les apprenants bénéficie d'un tutorat personnalisé et intensif présenté de la manière qui suit : "Durant toute la durée du parcours, des formateurs spécialistes et expérimentés soutiennent la progression de chaque participant. Ils fournissent une évaluation continue des travaux ainsi que conseil et assistance rapide. Pour un parcours de 160 heures, les formateurs consacrent en moyenne 19 heures à chaque participant, soit un taux d'accompagnement d'environ 12%. Ils fournissent une évaluation continue des travaux ainsi que conseil et assistance rapides. Chaque participant est accompagné jusqu’à ce qu’il ait atteint les objectifs pédagogiques du programme."

La prochaine entrée dans cette formation aura lieu le 3 mars 2008

La visioconférence, outil de prédilection du tuteur à distance ? Par Jacques Rodet


Depuis quelques mois, les annonces d'outils ayant recours à la visioconférence sont de plus en plus fréquentes. De même, les solutions de classes virtuelles se multiplient. Certaines sont à intégrer dans des plateformes de e-learning comme DimDim qui peut être implémentée dans Moodle. D'autres services tel MeBeam offrent la possibilité de bénéficier d'une visioconférence en ligne à partir d'un simple site Internet. Par ailleurs, l'utilisation de MSN ou de Skype habitue de nombreuses personnes à être présentes visuellement à distance. Bref, la communication synchrone à distance se développe et surtout elle devient largement orale au détriment des dialogues écrits.

Quelles peuvent être les conséquences de cette tendance sur les interventions des tuteurs ? Un directeur d'une des plus grosses sociétés françaises de e-learning me faisait part de sa conviction que la visioconférence deviendrait la norme en matière de tutorat et que cette technologie contribuerait fortement au développement du tutorat dans la mesure où cette modalité réintroduisait une manière simple de mesurer, au temps passé, le volume du support à l'apprentissage en direction des apprenants.

Il est probable que la simulation de la rencontre présentielle via la visioconférence soit plus acceptable par les clients du e-learning, car plus proche de leurs représentations et de leurs vécus. De manière comparable, il apparaît que, selon certains, l'avenir du e-learning résiderait dans la numérisation des ressources pédagogiques ainsi que le laisse entendre I. Henri dans son rapport à Valérie Pécresse dans lequel il préconise la massification des enregistrements de cours en amphi comme moyen de rattraper le retard des universités françaises en matière de production de ressources numériques pour la FOAD.

Ainsi, tant en matière de production des contenus de FOAD que pour l'accompagnement des apprenants, la solution d'avenir serait la visioconférence. Sans affirmer que cela ne sera pas, j'entrevois que cela puisse se traduire par une certaine régression pédagogique. En effet, la FOAD et la médiatisation des ressources ont été l'occasion, pour de nombreuses institutions et formateurs, de repenser leur pédagogie et de procéder à des ré-ingénieries qui leur imposaient d'identifier, de nommer et d'adapter leurs pratiques. Dès lors où la mise à distance se limiterait à une sorte de copier-coller des situations présentielles, ces efforts d'ingénierie pédagogique ne risquent-ils pas de passer à la trappe ?

Par ailleurs, les NTIC, même si elles ne se réduisent pas à cela, offrent assez fréquemment, dans leurs premiers usages, la possibilité de réactiver des modèles pédagogiques sinon dépassés du moins très discutables du point de vue des sciences de l'éducation. Comment les apprenants à distance pourront interagir lors de la visualisation de la vidéo d'un cours qui recentre la formation sur le discours de l'enseignant ? Réduire les possibles en matière de communication, c'est appauvrir la conception, l'imagination pédagogique, c'est prescrire des usages qui réactivent des modèles pédagogiques académiques où l'enseignant reprend la main alors qu'il ne l'a que rarement passée aux apprenants.

Enfin, le bon sens invite à ne pas mettre tous les oeufs dans un même panier qui serait ici la visioconférence. Les modalités asynchrones ont aussi un certain nombre d'avantages qu'il serait aventureux de laisser en route : la possibilité de ne pas réagir à chaud, de prendre le temps d'une rétroaction mûrie, de pouvoir choisir le temps de sa réponse. De même, le détour par l'écrit offre la possibilité de mieux structurer son propos, de s'approprier en reformulant, de produire des traces facilement réutilisables. L'audio sans vidéo facilite la centration sur le propos et l'écoute active.

Si donc, le développement de la visioconférence est en marche, je pense qu'il est avant tout nécessaire d'en penser les usages pédagogiques et de les articuler aux autres modalités de communication plutôt que dans faire un nouveau sésame universel pour la production de ressources numériques et l'établissement de médiations tutorales au service des apprenants.


Image dans son contexte original, sur la page blog.ndreams.org/2006/11/29/idees-de-cadeaux-...

lundi 21 janvier 2008

La communauté de pratiques t@d se dote d'un portail consacré au tutorat à distance

www.tutoratadistance.fr



t@d, la communauté de pratiques des tuteurs à distance, créée à l'initiative de Jacques Rodet en 2003, se dote d'un nouveau portail entièrement consacré au tutorat à distance www.tutoratadistance.fr

Celui-ci regroupe trois espaces distincts. Tout d'abord il comprend le blog de t@d, également accessible directement à http://blogdetad.blogspot.com, lancé en septembre dernier, qui regroupe une trentaine d'auteurs. Ce blog a pour ambition de faciliter la mutualisation des pratiques tutorales, d'offrir un espace de débats sur les thèmes liés au tutorat à distance et de permettre aux tuteurs de solliciter de l'aide pour la réalisation de leurs interventions tutorales à distance.

Le portail comprend également une base documentaire présentant plus d'une centaine d'articles scientifiques consacrés au tutorat. Pour chaque article, un résumé est disponible. Une recherche par mot-clef est possible. D’ici quelques mois, un outil de recherche bibliographique standardisé sera intégré à l’architecture du site.

Le troisième espace du portail est certainement le plus novateur. Développé par Philippe Inowlocki (www.ki-learning.fr), membre de t@d, cet espace est consacré à la veille collaborative sur le tutorat. Par le recours à un outil qui s’intègre aux habitudes de lecture et à la mise à disposition d'un « Widget », il ne s'agit ni plus ni moins que de permettre aux personnes intéressées par le tutorat de mutualiser les résultats de leur veille sur ce thème et de la diffuser. Une présentation complète de cet espace et de son fonctionnement, avec procédure et tutoriel de démonstration est disponible à la rubrique "participer" du portail.

Blog, base documentaire et veille sur le tutorat à distance, tel est le nouveau visage de t@d la communauté de pratiques des tuteurs à distance.

Mots clef : t@d, collaboration, veille, tutorat à distance, tags, del.icio.us, widget, blogdetad tutoriel web2.0



Obtenir le widget de la veille des tuteurs de la e-formation

Le widget de "t@d la veille des tuteurs de la e-formation" est disponible dans les deux formats ci-dessous.





dimanche 20 janvier 2008

« Bonnes pratiques » : une communauté vigilante au lieu de codes contraignants. Par Philippe Gaberan

Comment taire une certaine inquiétude à voir se multiplier dans le discours sur l’éducation ou la formation les appels à repérer les « bonnes pratiques » avec, en sous-entendu, l’appel à traquer les mauvaises pratiques ?

Bien sûr, comme tant d’autres, le souci d’une éducation et d’une formation de qualité me tient au ventre et sert de ressort à mon engagement dans ces filières depuis des années ! Alors à quoi bon ces inquiétudes vis-à-vis de ce terme « bonnes pratiques » ? Elle me vient de la certitude que l’illusion d’une partition du monde entre le « bien » d’un côté et le « mal » de l’autre (l’après 11 septembre et le discours de Georges Bush) qui trouve son prolongement en France par le biais du recours au bon sens avec sa logique « y a ka… pour que » (discours de Raffarin) opèrent une régression conservatrice dans un monde où le manichéisme d’antan doit immanquablement céder la place à la complexité des temps présents. La complexité n’est ni le «relativisme » (tout se vaudrait tant il serait désormais impossible de discriminer le juste de l’injuste) mais bien l’acceptation de cette réalité repérée par Blaise Pascal et devenue vérité scientifique : la partie est dans le tout comme le tout est dans la partie. Par la suite, Edgar Morin a amplifié cette perspective en appelant le monde de l’éducation et de la formation à intégrer à la transmission des savoirs la multiplicité des approches possibles de toute vérité et le caractère extrêmement mouvant de chacune. Dans ce monde volatil sans pour autant être futile, telle pratique pourra être « bonne » dans un contexte particulier et pourra devenir mauvaise dans un contexte apparemment similaire et dans lequel pourtant d’infimes variables viendront invalider les procédures établies et les certitudes admises. Aussi, il me semble que la quête de l’efficacité professionnelle, qui est sans doute le but visé à travers cet appel aux bonnes pratiques, doit-elle s’appuyer sur une expertise bien plus fine et un système d’évaluation bien plus souple (ce qui ne veut pas dire incertain) que cette partition entre « bonne » ou « mauvaise » pratique, cette classification bipolaire entre « bons » ou « mauvais » professionnels.

Cette inquiétude se confirme encore et enfin par le constat de l’émergence, sur ce qui s’apparente de plus en plus comme un marché de la formation, d’officines constituées soit par des institutionnels patentés soit par des de consultants appâtés par de possibles gains. Ces derniers créent leurs propres référentiels de bonne pratique et tentent de les imposer à toute une communauté sans que celle-ci puisse avoir son mot à dire. Alors certes il faut traquer les escroqueries (cf., celle dénoncée dans ce blog le 11 janvier http://blogdetad.blogspot.com/2008/01/mentorat-plutt-que-tutorat-par-philippe.html) , écarter les pratiques irresponsables ou dangereuses (diffusion de savoirs tronqués ou truqués) mais en essayant de recourir pour cela à d’autres pratiques que l’imposition de force de codes, au départ sans aucun doute de bonne intention par leur volonté déontologique, mais qui peuvent dériver vers l’abus de pouvoir et l’atteinte aux libertés et à la créativité. Plutôt que la définition et l’imposition de référentiels de bonne pratique je préconise le recours à la libre circulation de l’information et des usages de sorte qu’une communautés d’utilisateurs et non pas seulement de consommateurs usent de ses savoirs et de ses capacités critiques pour discerner le bon grain de l’ivraie et savoir orienter la demande vers les professionnels ou vers les sites les plus pertinents.

Image dans son contexte original, sur la page www.e-agriculture.org/18.html?&no_cache=1&L=1

vendredi 18 janvier 2008

Retour sur le sondage « Professionnellement, vous vous reconnaissez comme... »

A la question « Professionnellement, vous vous reconnaissez comme... » 19 personnes ont répondu. Chaque répondant pouvait choisir plusieurs réponses parmi celles proposées. Les résultats sont les suivants : Formateur : 11 sur 19 répondants : 57% - Accompagnateur : 8 sur 19 répondants : 42% - Facilitateur : 8 sur 19 répondants : 42% - Tuteur : 7 sur 19 répondants : 36% - Pédagogue : 5 sur 19 répondants : 26% - Coach : 4 sur 19 répondants : 21% - Educateur : 3 sur 19 répondants : 15% - Mentor : 0 sur 19 répondants : 0%

L'appellation « formateur » arrive en tête des votes et est la seule à obtenir plus de la moitié des suffrages. La caractéristique générale du terme « formateur » ainsi que la reconnaissance de cette activité comme métier expliquent certainement ce résultat. De toute la liste, c'est certainement l'item qui pouvait être choisi le plus facilement car largement compatible avec tous les autres.

Plus surprenant, les termes « accompagnateur » et « facilitateur » arrivent en seconde position et devancent légèrement (d'une voix) celui de « tuteur. ». Il ressort que les fonctions d'aide liées à ces dénominations sont une préoccupation importante des répondants. Il est vrai que cela est assez peu étonnant de la part de visiteurs d'un blog consacré au tutorat.

Un quart des répondants se reconnaissent comme pédagogue. Cela est relativement faible pour un item très général. Ne faut-il pas voir dans ce résultat l'effet d'une vision ambitieuse du terme que certains hésitent à prendre à leur compte ? Ceci n'explique-t-il pas non plus que seuls 15% se reconnaissent dans le terme « éducateur » ?

Un répondant sur 5 a fait le choix du terme « coach ». Si ce terme est davantage adapté à l'accompagnement professionnel, il montre bien que l'accompagnement individuel est une composante importante des interventions des répondants.

Etonnant, le terme « Mentor » ne reçoit aucun suffrage. Il est vrai que cette appellation est peu utilisée en France et que sa définition est moins établie que dans d'autres pays, en particulier au Québec.

Image dans son contexte original, sur la page www.inpes.sante.fr/.../chap24/portrait24.asp

jeudi 17 janvier 2008

Déclenchement de la grève générale par les tutrices et les tuteurs : communiqué officiel de la CSN

Le mercredi 16 janvier - Les tuteurs et tutrices en formation à distance de la Télé-université sont en grève générale illimitée depuis ce matin. Malgré le dépôt global de l'employeur effectué le mardi 15 janvier, l'écart entre les parties est demeuré très important et aucune entente n'est survenue au terme de la séance de négociation qui s'est poursuivie jusqu'à 23h00. Les pourparlers ont repris ce matin à 9h30.

Rappelons que c'est à 97,4 % que les membres du syndicat ont donné, à leurs représentants, un mandat de grève le 6 novembre dernier. Après avoir pris connaissance du contenu de la proposition patronale, les représentants syndicaux ont déposé une contre-proposition dans l'espoir de faire avancer les pourparlers. C'est sur cette base que les échanges se poursuivent aujourd'hui.

Concernant certains propos tenus par la direction, la présidente du syndicat tient à apporter de sérieuses nuances. « Bien que certains porte-parole de la direction laissent entendre que nous tentons d'obtenir la parité avec les chargés de cours, la vérité est que nos demandes salariales visent à réduire, l'écart actuel avec nos collègues chargés de cours de l'UQAM. Dire ensuite que la volonté patronale d'accroître cet écart s'explique par le fait que nous n'enseignons pas aux étudiants relève de la pure désinformation, si ce n'est d'un mépris à peine camouflé », s'insurge Sylvie Pelletier, présidente du syndicat. Mais les enjeux pécuniaires ne sont pas les seuls qui restent en suspens.

Au centre des préoccupations des tuteurs se retrouvent la reconnaissance professionnelle et leur intégration aux structures universitaires. "Le tutorat est une formule d'enseignement qui continue à faire ses preuves, largement parce que les tuteurs qui l'exercent s'y investissent avec efficacité. Les exigences que nous devons remplir pour exercer notre travail et l'implication que nous y mettons doivent être reconnus, et cette reconnaissance doit se traduire concrètement. La direction de la Téluq doit cesser de nous considérer comme des employés surnuméraires", de conclure la représentante syndicale.

Renseignements pour les médias : Roger Deslauriers, Service des communications de la CSN, (514) 598-2378, cell.: (514) 916-8041.

Pour entrer en contact avec le syndicat, écrivez-nous à teluq-en-greve@hotmail.com

mercredi 16 janvier 2008

La grève des tuteurs de la Téluq est déclenchée

La direction de la Téluq avait demandé un délai au syndicat des tuteurs pour pouvoir lui formuler de nouvelles propositions. Ces dernières étant largement en-deçà des attentes des tuteurs la grève a été déclenchée. Nous reproduisons ci-après le communiqué du Syndicat des tuteurs et tutrices de la Télé-Université - CSN

Suite au dépôt global de l’employeur effectué aujourd'hui 15 janvier, l’écart entre les parties est encore très important et aucune entente n’est survenue au terme de la séance de négociation qui s’est poursuivie jusqu’à 23h. Conséquemment, nous vous informons du déclenchement de la grève à compter de minuit ce soir, et ce, en vertu du mandat de grève accordé par l’assemblée en novembre dernier.

Vous devez donc cesser immédiatement d’effectuer vos tâches de tutorat. Plus précisément, vous devez cesser de répondre aux demandes de vos étudiants et cesser tout contact avec les employés de la Téluq. De même, la correction et l’expédition des travaux notés et examens sont suspendus jusqu’à nouvel avis. Une assemblée syndicale aura lieu dans les jours qui suivent afin d’adopter le plan de grève et autres affaires en découlant. Vous recevrez sous peu l’avis de convocation.

Les parties ont convenu de reprendre les discussions demain matin. Nous vous tiendrons au courant des développements.

Pauline St-Pierre
Coordonnatrice du comité de mobilisation
Syndicat des tuteurs et tutrices de la Télé-Université

Aidoprofs, un site pour faciliter la reconversion des enseignants

Parce que être tuteur à distance peut se révéler une autre manière d'envisager et d'exercer son métier d'enseignant, nous sommes heureux de vous faire découvrir l'association Aidoprofs.

Le métier d'enseignant est souvent une vocation, mais cela n'empêche pas qu'au bout d'un certain temps d'exercice, des enseignants souhaitent se reconvertir. Cette envie peut être ponctuelle ou plus profonde. Aidoprofs est une association qui a pour objet de les aider à trouver leur nouvelle voix professionnelle. Elle réalise auprès de ces personnes un accompagnement à distance.

"L’activité de l’association est d’approfondir la réflexion sur les compétences détenues par les enseignants, quelle que soit leur discipline d’enseignement, et d’identifier peu à peu leurs compétences transférables. L’association engage régulièrement des contacts institutionnels et associatifs dans le cadre des secondes carrières susceptibles d’être accessibles aux professeurs, afin d’en répertorier les profils de compétence, et d’interviewer des professeurs qui ont réalisé une mobilité professionnelle hors enseignement."

mardi 15 janvier 2008

Suite à la parution du rapport d'Isaac Henri sur "l'université numérique". Par Jacques Rodet

Henri Isaac vient de rendre à Valérie Pécresse, le rapport que cette dernière lui a demandé sur «l'université numérique».

Les propositions faites méritent de s'y intéresser et je me propose d'en commenter trois d'entre elles.

Favoriser l'essor de l'enseignement à distance : les établissements doivent autoriser les enseignants à effectuer ce type d'enseignement... L'obligation du face-à-face présentiel doit être supprimée.
C'est certainement la mesure qui serait la plus décisive d'un point de vue administratif. En effet, il arrive encore trop souvent, y compris dans des cursus universitaires formant des futurs professionnels du e-learning, que la possibilité d'aménager une partie des enseignements à distance soit refusée par les directions des universités au nom du respect de l'exécution du service en face-à-face. La formation à distance ne pourra se développer largement dans les universités qu'à partir du moment où l'investissement des enseignants dans cette modalité pédagogique sera reconnue statutairement et non laissée au simple « engagement militant » de quelques uns. Il va de soi que le développement de l'encadrement individualisé et du tutorat au sein des formations à distance est conditionné par l'abandon de l'obligation du présentiel.

Améliorer la formation au métier d'enseignant
Louable intention qui pêche néanmoins par la proposition concrète qui en est tirée. En effet, Seule l'obtention du « C2I enseignant supérieur » pour les nouveaux enseignants est proposée. Alors que I. Henri dresse un constat préoccupant de la formation continue des enseignants du supérieur en pointant le grand isolement des efforts des CIES (Centres d'Initiation à l'Enseignement Supérieur) auxquels il faut néanmoins adjoindre les initiatives des Service Universitaires de Pédagogie, la réponse proposée ne semble pas à la hauteur des enjeux. Deux pistes auraient pu être exploitées pour le développement de la formation continue des enseignants. D'une part, une incitation plus grande par une meilleure prise en compte du développement de leurs compétences pédagogiques par les enseignants dans le développement de leur carrière. A ce sujet, la proposition de I. Henri « Les universités devront reconnaître l'investissement TICE des enseignants chercheurs dans leur avancement » reste bien générale. Des propositions en terme d'indices gagnés mériteraient d'être impulsées par la loi au lieu de s'en remettre à la simple initiative des universités. D'autre part, l'introduction d'une obligation de formation continue pour les enseignants comprise dans leur temps de service. Tant que la formation continue dépendra de la formule du volontariat des enseignants, il sera bien difficile de mener des actions de grande ampleur telles que le nécessite la situation actuelle caractérisée par le retard pris par la France en termes de cours en ligne et de formations à distance. En formation professionnelle, les formateurs se voient garantir par leur convention collective, un certain pourcentage de la durée de leur temps de travail à d'autres actions que le face-à-face pédagogique. Ne pourrait-on imaginer que 10%, par exemple, du service d'un enseignant soit obligatoirement consacrés à sa formation continue ?

100% des documents pédagogiques numériques pour 100% des étudiants
A travers cette proposition I. Henri souhaite que soit mise en place de véritables chaînes éditoriales. Il est certain que la production de ressources numériques souffre actuellement d'une trop grande disparité et qu'elle se cantonne encore trop souvent soit à la simple expérimentation soit à l'utilisation des ressources par leurs seuls producteurs. Alors que l'incitation, voire l'injonction à l'adoption de normes facilitant la migration des ressources numériques n'a jamais été aussi présente qu'à l'heure actuelle, il faut bien remarquer que leur réutilisation reste très marginale. Il est effectivement grand temps d'adopter une politique volontariste d'édition qui est seule à même de dépasser les freins que constituent actuellement la mauvaise reconnaissance des droits d'auteurs et l'absence de reconnaissance de la compétence pédagogique au profit de celle de chercheur.

Plus discutable semble être l'orientation de privilégier la production de contenus numériques par simples enregistrements des cours présentiels (cf. Reproduction ou édition de cours ?). Alors même que I. Henri regrette que les ressources numériques produites par les UNT ne soient pas assez granularisées et que ceci constitue un frein à leur réutilisation, il est curieux d'imaginer que la pénurie de contenus e-learning puisse être réduite par la simple numérisation de cours présentiels. Faut-il le répéter, il semble que oui, une ressource destinée à la formation à distance doit être scénarisée. Les interventions présentielles ne le sont presque jamais à un niveau compatible avec leur utilisation à distance.

lundi 14 janvier 2008

Les attitudes du tuteur

Il serait intéressant de vérifier si les attitudes que le tuteur peut adopter avec le tutoré sont entièrement comprises dans celles du singe de la sagesse chinoise mais il est certain qu'elles sont tout aussi variées que les approches pédagogiques (cf. l'illustration ci-dessous) et cadrées par l'orientation pédagogique des formations dans lesquelles le tuteur intervient. A ce titre, il est important que le tuteur ait des connaissances minimales sur les théories de l'apprentissage et les modèles pédagogiques. A côté des connaissances technologiques et de celles des usages pédagogiques des médias, une formation de tuteur devrait donc également comprendre des modules consacrés aux approches pédagogiques.

Grenade des méthodes pédagogiques autour de 8 paradigmes (site de François Muller)


cliquez sur l'image pour l'agrandir

Dès lors que l'on parle d'attitudes, il devient rapidement incontournable de faire référence aux « attitudes de Porter ». Cette classification a le mérite de préciser les conséquences des interventions du tuteur en direction du tutoré selon que le tuteur agit dans une logique de décision, d'évaluation, de support, de compréhension, d'interprétation ou d'enquête et d'exploration.

De son côté, Philippe Meirieu (Cahiers pédagogiques, ATP, 1989, p. 75) mettait en garde les tuteurs face à certaines attitudes que peut adopter consciemment ou non le tuteur : Survoler de façon excessive la part relationnelle au détriment de la part didactique ; Penser que tous les élèves sont égaux et qu'ils peuvent en tirer les mêmes satisfactions affectives ; Mettre en oeuvre de façon sauvage et non distanciée quelques concepts empruntés à la psychologie et à la sociologie ; Faire du tutorat un lieu où débattre de l'ensemble du fonctionnement de la structure scolaire ; S'orienter vers l'organisation d'activités para-scolaires (cf. le site de la Mission académique innovation et expérimentation de l'académie de Paris).

Parce que le tutorat est une activité éminemment relationnelle, le tuteur a tout intérêt, pour agir de manière raisonnée, à mieux connaître ses attitudes et les effets de ses attitudes sur le tutoré. Comme par ailleurs, il n'y a de connaissances que lorsque les informations sont mises au service d'une pratique, il semble également nécessaire que le tuteur puisse garder trace et analyser périodiquement ses interventions et les attitudes qu'il a adoptées. A cet égard, le journal de tutorat, déclinaison du journal d'enseignement, la mise en place d'outils de suivis de la relation tutorale (cf. l'interview de Jacques Rodet dans le numéro des e-cri(t)s de Charlie consacré au tutorat), la mutualisation entre tuteurs constituent des moyens efficaces pour penser et analyser ses attitudes de tuteur.

Image dans son contexte original, sur la page eleves.mines.inpl-nancy.fr/~viart98/

vendredi 11 janvier 2008

Conflit des tuteurs de la Téluq : ça bouge... Est-ce que ça avancera ?

Les positions en négociation

Le dernier numéro d'Info-négo, publication du syndicat des tuteurs et des tutrices de la Télé-université – CSN, fait état sinon d'une résolution du conflit, du moins, de pistes qui sont susceptibles d'y mener.

Lors de la séance de conciliation du 9 janvier, la direction de la Téluq semble avoir enfin bougée. En effet, de nouvelles offres devraient être transmises aux tuteurs le 15 janvier. Le syndicat des tuteurs a accepté, d'ici là, « de repousser l’exercice de son droit de grève et garantit le maintien des services directs aux étudiants, y incluant la correction des travaux et examens, et ce, jusqu’à ce que les nouvelles offres de l’employeur aient été examinées. » Parallèlement, les tuteurs continuent leurs actions de retenue des travaux corrigés comme moyen de pression sur la direction.

Le syndicat des tuteurs indique également que « Les nouvelles offres de l’employeur devront permettre d’en arriver à un règlement satisfaisant à défaut de quoi l’employeur nous acculera inévitablement à la grève le 16 janvier. Ce geste est lourd de conséquences, mais l’enjeu est de taille. Notre contribution à l’enseignement doit être reconnue à sa juste valeur sans quoi l’avenir de notre profession s’annonce sous le signe de la déqualification de nos emplois. Au bout du compte, les grands perdants seraient nos étudiants. Dans le meilleur intérêt de nos étudiants, souhaitons-nous un règlement négocié qui redonnera aux tutrices et aux tuteurs la fierté d’exercer leur enseignement à la Téluq et de contribuer à la pérennité de la Téluq. »

Image dans son contexte original, sur la page www.enap.uquebec.ca/.../nego-modes.htm

Quand une centaine d'entreprises et d'organismes de formation escroquaient l'argent de la formation professionnelle "en formant" des tuteurs fictifs

Le journal Le Parisien fait état dans son édition du 10 janvier (pages 16 et 17), des résultats d'une enquête menée dans le monde de la formation professionnelle. Au bout de cinq années d'investigations de la part de la justice, il apparaît « qu'une petite centaine d'entreprises ou organismes de formation [sont] impliqués. 11 millions d'euros d'argent public [ont été] détournés. Des formations bidon par milliers » ont été les moyens de l'escroquerie.

Plus particulièrement des formations de tuteurs d'entreprise. « Alors qu'en 1999, l'Association régionale de la formation professionnelle (ARFP), le bras armé de l'Opcareg [organisme paritaire collecteur agréé, depuis peu rebaptisé Opcalia] a formé 723 tuteurs (dans une entreprise, ces personnes chapeautent certains jeunes), ce chiffre est passé à 6517 en 2000, puis entre 15000 et 19000 en 2001. » Ainsi, les entreprises formaient plus de tuteurs qu'elles n'ont de salariés.

Les enquêteurs estiment que de nombreux indices auraient dû alerter l'ARFP et l'Opcareg qui collecte pas moins de 84 millions d'euros par an auprès de plus de 6000 entreprises. En 2003, l'Opcareg a dû payer une amende de 19,8 millions d'euros au Trésor public car « aux yeux de l'administration, l'Opcareg comme personne morale est responsable de l'escroquerie mise au jour en 2001. »

Le dossier ayant été transmis au parquet fin 2006, l'issue judiciaire pourrait enfin intervenir cette année.

jeudi 10 janvier 2008

Naissance de e-learning-infos.com

Nous saluons la naissance de e-learning-infos.com qui ambitionne d'être le site de toute l'information professionnelle sur le e-learning.

Les premières phrases de leur édito sont prometteuses : "Il aura fallu près de dix ans aux entreprises pour « digérer » les errances d'un e-learning tout infatué de ses prouesses technologiques. Le bon sens est progressivement revenu. DRH et Responsables Formation ont passé le e-learning au crible des « bonnes questions » : quelle est sa valeur dans le plan et les projets de formation ? Comment l'intégrer dans les dispositifs de formation actuels ? Et c'est tant mieux : on voit que le e-learning a tout à y gagner."

Non plus seulement prometteur mais manifestant l'intérêt que l'équipe rédactionnelle, regroupée autour de Michel Diaz, portera aux médiations humaines dans les dispositifs de e-learning, le blog de t@d fait partie de la première sélection mensuelle de sites mise à disposition des lecteurs d'e-learning-infos.com :
Le blog de Jacques Rodet qui traite du tutorat dans tous ses états : une mine d'informations pratiques et théoriques, des conseils, des réflexions qui seront de la plus grande utilité à tout professionnel de la formation en entreprise ou chez un prestataire, qui considère le tutorat comme incontournable dans le cadre d'un projet de formation ouverte et à distance.

Nous souhaitons, non seulement une bonne année, mais également une longue vie à
e-learning-infos.com !

mercredi 9 janvier 2008

De la nécessité de mieux définir le tutorat dans le cadre des emplois étudiants à l'université, par Jacques Rodet

Depuis la publication, fin décembre, du décret permettant aux universités et grandes écoles d'embaucher des étudiants en contrats à mi-temps, notamment comme tuteur, bien peu d'informations précises sur les missions qui seront confiées à cette nouvelle catégorie de personnel de l'université ont été diffusées.

J'avais attiré l'attention, mi-décembre, sur le fait que la réussite du tutorat de masse en direction des étudiants en parcours de licence était, selon moi, étroitement liée à la formulation de réponses précises à quelques questions incontournables : Quels seront les rôles précis des tuteurs étudiants ? Quelle formation pour les y préparer ? Quelles relations auront-ils avec le corps enseignant ? Quelle forme de contrat de travail ? La rémunération au SMIC pour un contrat à mi-temps sera-t-elle suffisamment attrayante ?

Les informations actuellement disponibles sont tellement partielles que le syndicat étudiant Unef s'inquiète du fait que "l'emploi étudiant" se "substitue" aux emplois statutaires et affirme que "Le recrutement d'un étudiant tuteur ne peut remplacer une heure d'enseignement et l'extension des horaires d'ouverture des bibliothèques ne peut s'envisager sans recrutement de personnels statutaires qualifiés et formés" (VousNousIl.Fr)

La concurrence entre le tutorat par les pairs et les interventions de l'équipe pédagogique n'est ni automatique, ni souhaitable, comme me l'avait montré mon étude du cas du tutorat par les pairs à la Téluq « L'encadrement par les pairs est-il concurrent de l'encadrement-cours à la Téluq ? Les représentations des auxiliaires d'enseignement, des pair anciens et des pairs nouveaux de la fonction de pair ancien ». Toutefois, ceci nécessite que les rôles et champs d'interventions des uns et des autres soient identifiés et que tous ces acteurs du support à l'apprentissage soient en dialogue les uns avec les autres.

Une autre disposition contractuelle des emplois pour les étudiants semble bien curieuse. En effet, l'absence à trois cours consécutifs ou à un examen de la part d'un étudiant étant par ailleurs salarié de l'université peut entraîner le licenciement de celui-ci par l'université sous 15 jours. Il y a là, manifestement, mélange des genres. D'une part, dans le système universitaire, la présence aux cours n'est pas obligatoire. D'autre part, l'interruption d'un contrat de travail ne peut être justifiée que par un manquement grave à l'exécution de ses obligations par le salarié. Lier le contrat de travail de l'étudiant à l'université avec le déroulement de ses propres études est une nouveauté qui peut avoir des répercussions négatives sur le droit du travail. Rappelons que le CPE avait été fortement contesté parce que l'interruption du contrat pouvait intervenir sans motif exprimés par l'employeur. Stipuler, dans le contrat de travail, des dispositions extérieures à l'exécution du travail pouvant entraîner l'interruption du contrat ne participe-t-il pas d'une même logique ?

Parce que le tutorat de masse est un défi important et qu'il est de nature à combattre efficacement l'échec au premier cycle universitaire, parce que le développement du e-learning à l'université ne peut faire l'économie d'une réflexion approfondie sur les systèmes tutoraux, il est indispensable que les missions des étudiants tuteurs soient mieux définies et positionnées par rapport aux interventions de support à l'apprentissage émanant du corps enseignant. Ce travail de définition des champs d'intervention pourrait donc aussi constituer une excellente occasion de mieux exprimer ce qui est attendu de la part des enseignants en matière de tutorat.

Image dans son contexte original, sur la page wwwedu.ge.ch/.../dessin_lettriste/demarche.html